jeudi 19 novembre 2009

Herman Van Rompuy


L'Europe s'est choisie un président en la personne du Premier ministre belge, Monsieur Herman Van Rompuy. Le petit pays qui est le mien est fier de se voir ainsi honorer. Mais en même temps nous redoutons un peu l'avenir. Monsieur Van Rompuy était parvenu à panser certaines plaies de l'union belge, et voilà que nous devons le céder à l'Europe alors que bien des problèmes sont encore à traiter chez nous.

Il y a quelques semaines, avec le Père Abbé et le Père Prieur, nous étions allés à l'Université de Liège pour écouter Monsieur Van Rompuy intervenir sur l'encyclique de Benoît XVI Caritas in Veritate. Je garde de cette soirée le souvenir d'un homme qui m'a subjugué. C'est un homme simple, qui fuit les honneurs, un chrétien convaincu, et un homme à l'esprit ouvert qui se distancie de certains discours pessimistes que nous entendons dans certains milieux chrétiens. En sortant de la conférence, j'avais dit au prieur de notre maison : "Voilà l'homme à qui il faudrait demander de prêcher la prochaine retraite de notre communauté !" Mais je crois que Monsieur Van Rompuy risque d'être très occupé ces prochains mois...

mardi 17 novembre 2009

Nouvelle étape


Une nouvelle étape a été franchie lundi dans le processus de béatification de Jean Paul II (1978-2005), avec le vote positif de la commission composée de cardinaux et d'évêques chargée de reconnaître ses "vertus héroïques", ont rapporté mardi des sources vaticanes. Réunie à huis clos, la commission d'une quinzaine de cardinaux et d'évêques de la Congrégation pour les causes des saints a validé "l'héroïcité des vertus" de Karol Wojtyla.

Le dossier examiné par les prélats va désormais passer entre les mains de Benoît XVI, qui devrait autoriser le dicastère (ministère) à promulguer le décret reconnaissant les vertus héroïques de son prédécesseur. Karol Wojtyla serait alors proclamé "vénérable". Viendra ensuite la dernière étape avant la béatification proprement dite, avec l'examen du "miracle" attribué à Jean-Paul II : le cas de la soeur française Marie Simon-Pierre, de la congrégation des Petites soeurs des maternités catholiques, guérie sans explication médicale de la maladie de Parkinson en 2005.

Ce cas passera devant une commission médicale, une commission de théologiens puis, enfin, la commission des évêques et cardinaux. Karol Wojtyla pourrait ainsi être béatifié un peu plus de cinq ans après sa mort, dans des délais plus brefs encore que pour Mère Teresa de Calcutta (1910-1997), béatifiée six ans après sa disparition.

(Source : Belga)

Cela ne se fait pas !


Seigneur, cela ne se fait pas !
Voici que vous laissez cette prostituée baigner vos pieds de ses larmes,
Voilà que vous dialoguez avec la femme adultère.
Voici que vous allez manger chez un voleur,
Voilà que vous côtoyez les lépreux sans prendre garde.
Seigneur, cela ne se fait pas !

Seigneur, cela ne se fait pas !
Voici qu'on vous a vu avec cette femme évêque protestante,
Voilà que vous dialoguez avec des divorcés.
Voici que vous allez manger dans des familles recomposées,
Voilà que vous côtoyez des homosexuels sans prendre garde.
Seigneur, cela ne se fait pas !

Voici Seigneur que vous venez habiter chez moi,
pour partager le pain et le vin avec moi.
Seigneur, cela ne se fait pas !

lundi 16 novembre 2009

Il a perdu la tête !

Le 24 janvier dernier, j'avais commencé ce brouillon, que je livre aujourd'hui.

C'est sans doute la page d'évangile la plus courte lue à la messe : "Jésus entre dans une maison, où de nouveau la foule se rassemble, si bien qu'il n'était pas possible de manger. Sa famille, l'apprenant, vint pour se saisir de lui, car ils affirmaient : 'Il a perdu la tête'. " (Marc 3, 20-21).

Le jugement est sans appel : Jésus est fou. Mais pourquoi sa famille en vient-elle à penser ainsi ? Il est difficile parfois de savoir pourquoi notre entourage pense telle ou telle chose de nous ? Pourquoi tout ce que nous faisons est-il systématiquement dénigré ou mal compris par ceux qui nous entourent ?

Jésus est fou parce qu'il étonne, il surprend. Il mange avec les pécheurs, côtoie des gens de mauvaise réputation. Lui qui est le Saint s'attable avec les pécheurs. Lui qui est l'Innocent mange avec des impurs. Lui qui est le Juste se laisse toucher par des gens qui ne suivent pas la Loi.


Jésus semble nous dire que la sainteté n'est pas une perfection coincée, avec laquelle on regarde les gens de haut, ou bien pour laquelle on se distancie du reste du monde, de la masse, de peur d'être contaminé... Lui Jésus, le saint, le juste, l'innocent, est attiré par les pécheurs. Il trouve plus de joie à vivre en leur compagnie que de côtoyer les pharisiens qui eux pourtant observent la Loi, sont des gens bien, des hommes religieux, ...

Pourquoi y a-t-il cette attirance entre Jésus et les pécheurs ? Est-ce uniquement pour les remettre dans le droit chemin que Jésus les fréquente ? N'est-ce pas plutôt parce que c'est la rencontre entre des cœurs de chair. Alors que les pharisiens gardent leur cœur de pierre.

mercredi 28 octobre 2009

Un Dieu plein de délicatesse


Au retour d'une retraite au Foyer de Charité de Spa, nous sommes passés à Banneux et ensuite à Tancrémont. Ce dernier village, composé de trois ou quatre maisons alignées sur le bord d'une route, est célèbre pour son très beau Christ roman et... pour ses tartes. Affamée, notre petite troupe s'est engouffrée dans la pâtisserie après avoir prié devant le Christ roman.

Et nous voici donc attablés, tentant désespérément d'effectuer un choix entre tout ce qui était proposé sur le menu. Car choisir... c'est renoncer !

Arrive alors un couple accompagné d'une jeune fille et d'un jeune homme qui passent derrière nous pour s'installer non loin de notre table. Je jette un œil et un dessin figurant sur le polo du jeune homme attire mon regard. Il me semble y voir un motif religieux. C'est alors que la dame du couple se retourne vers moi et s'écrie "Fabian !". C'était un couple d'amis, que j'avais connu lorsque j'habitais en Provence et que j'avais perdu de vue ces dernières années. Et voilà que je les retrouvais, au beau milieu de nulle part.

Ajoutez à cela que durant la retraite j'avais entrepris la lecture du Journal de la dernière année de Henri Nouwen, un livre que j'avais acheté parce que je ne l'avais pas encore lu, sans prêter attention au quatrième de couverture. Et j'avais dévoré ce livre. Il parlait notamment d'amitié et de fidélité, et il m'avait donné envie de prier sur ce thème, confiant à Dieu l'ensemble de mes amis.

Et voilà qu'à Tancrémont, sur la route du retour, Dieu me faisait la joie de retrouver ces amis perdus de vue. Dieu est un Dieu plein de délicatesse, qui sait trouver le geste qui nous mettra en joie.

mardi 27 octobre 2009

Moutarde


Jésus disait à la foule : « A quoi le règne de Dieu est-il comparable, à quoi vais-je le comparer ? Il est comparable à une graine de moutarde qu'un homme a jetée dans son jardin. Elle a poussé, elle est devenue un arbre, et les oiseaux du ciel ont fait leur nid dans ses branches. » Il dit encore : « A quoi vais-je comparer le règne de Dieu ? Il est comparable à du levain qu'une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine, jusqu'à ce que toute la pâte ait levé. » (Luc 13, 18-21)

Cet évangile entendu aujourd'hui est amusant. Car il est plutôt rare de voir une graine de moutarde donner un arbre et par là de voir les oiseaux du ciel y faire leur nid. Pourtant c'est une belle image du règne de Dieu qui se déploie dans la faiblesse. Le règne de Dieu n'est pas une grande entreprise dirigée par des gens très compétents. Il avance pas à pas et ceux qui sont charger de l'annoncer ne sont pas des gens extraordinaires. La grâce de Dieu semble aimer à se déployer à partir de la vulnérabilité de l'homme plutôt qu'à partir de ses capacités héroïques.

Et quand nous parlons du Christ ou témoignons de l'Evangile autour de nous, nous semons une petite graine. Bien souvent nous n'avons pas l'impression d'avoir fait grand chose. Bien souvent aussi nous ne savons pas très bien comment ce qui a été semé se développera. Il nous faut espérer.

Cet Evangile nous dit que du peu que nous avons à donner, du peu que nous sommes, Dieu parvient à faire un arbre où les oiseaux du ciel prennent plaisir à venir nicher. Ainsi, le Christ nous apprend à ne pas regarder le Royaume de Dieu comme un phénomène magique devant s'accomplir de façon inattendue et brusque, entourée de signes et de sa puissance, mais comme quelque chose qui a besoin de temps pour se développer.

L'oeuvre de Dieu ressemble plus à celle d'un jardinier qui sait voir dans la petite graine qu'il sème tout ce qu'elle peut porter comme fruits et faire du temps son allier, plutôt qu'à un homme pressé qui voudrait que tout change du jour au lendemain.

Cela nous déroute parfois. Nous aimerions tant que le Règne de Dieu soit déjà là, clairement visible. Mais le Règne de Dieu prend son temps...

Nous aimerions que le Règne de Dieu soit triomphal. Mais le Règne de Dieu se construit dans la faiblesse...

lundi 18 mai 2009

Souvenirs... souvenirs......

Après-midi surprenante hier. J'ai retrouvé un ami d'enfance. Nous ne nous étions plus vus depuis... 28 ans. Je n'ai pas beaucoup de souvenirs, lui en a plus que moi. Il était amusant de nous remémorer ensemble les années d'écoles. Nous étions chez les religieuses. J'avais bien quelques souvenirs mais ils me semblaient parfois si décalés, que je me demandais si mon imagination ne me jouait pas des tours. Eh bien non, il avait les mêmes souvenirs d'une éducation stricte.

Lorsque la mère supérieure entrait en classe, nous nous levions à côté de nos bancs. Lorsqu'elle s'adressait à l'un d'entre nous, nous devions sortir du rang. J'avais le souvenir aussi d'une proclamation des résultats dans le gymnase où se trouvait une scène de théâtre. Nous recevions une image pieuse lorsque nous avions fait plus de 90% dans une matière. Je n'en ai jamais eu qu'une seule : en mathématiques, moi qui ai horreur des mathématiques !

Cet ami me rappelait aussi que régulièrement nous devions ramasser les papiers dans la cours de l'école, et que les filles portaient encore un uniforme.

Tout d'un coup j'ai eu l'impression d'être un vieux dinosaure... allez savoir pourquoi !