vendredi 22 août 2008

Comment allez-vous faire ?


Il m'arrive de demander : "Seigneur comment cela va-t-il se faire ? Comment allez-vous réaliser ce que vous voulez de moi puisque je suis... vulnérable, incapable, ... ?"



Et quand je pose une question de ce genre au Seigneur dans la prière, il y parfois un refrain qui s'impose à moi. Un refrain auquel au début je ne prête guère attention, je le chante sans comprendre qu'il contient une réponse à la question.



Jeudi, un refrain s'est imposé : "Me voici Seigneur, je viens faire ta volonté. Qu'il me soit fait selon ta parole". Croire que Dieu peut réaliser ce qu'il a promis si chaque jour je dis "Me voici".

mercredi 20 août 2008

Un coeur brisé et broyé


La liturgie demain nous parlera par trois fois du coeur de l'homme. La première lecture tout d'abord, tirée du livre d'Ezéchiel (36, 23-28) :


"Je vous donnerai un coeur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J'enlèverai votre coeur de pierre, et je vous donnerai un coeur de chair".
Ensuite le psaume 50 (51) :


"Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un coeur brisé et broyé".


Enfin le verset de l'Alléluia :


"Aujourd'hui, ne fermons pas notre coeur, mais écoutons la
voix du Seigneur".

Recevoir un coeur de chair, c'est recevoir un coeur sensible, capable d'aimer, compatissant. Le coeur de pierre c'est un coeur indifférent que rien ne brûle. Avoir en soi un coeur de chair n'est pas quelque chose de facile à vivre tous les jours. Un coeur de chair nous rend vulnérables, trop parfois, et il peut souffrir. Mais c'est le seul coeur qui peut aimer et brûler, à l'image du coeur même du Christ.


Dieu nous donne un coeur de chair quand il vient briser et broyer notre coeur. C'est un mystère qui m'a toujours interpellé. Pourquoi faut-il que notre coeur soit brisé et broyé pour plaire à Dieu ? Peut-être est-ce le verset de l'Alléluia qui apporte une réponse : pour écouter enfin la voix du Seigneur. Car le coeur de pierre est sourd comme une pierre à la voix du Seigneur. Il faut que Dieu vienne le briser et le broyer pour que son oreille s'ouvre et qu'il se mette à écouter.


Peut-être est-ce le sens du vêtement de noce dont nous parle l'Evangile de demain (Matthieu 22, 1-14). Les serviteurs sont partis aux croisées des chemins pour inviter tout ceux qu'ils rencontrent au repas de noce donné par le Roi pour le mariage de son fils. Et voilà que dans la salle de noce, un convive ne porte pas de vêtement de noce. Il semble n'avoir pas entendu que l'invitation était pour une noce. Il est venu, il a suivi les autres, mais il n'a pas perçu l'invitation, il n'a pas entendu, ou alors d'une oreille distraite.


Reconnaissons-le, il nous est parfois bien difficile d'écouter les appels de Dieu ! Et il faut que Dieu s'arme de patience et vienne frapper continuellement à la porte de notre coeur pour qu'enfin nous nous ouvrions à sa présence et l'écoute de sa Parole. Souvent il nous faudra faire l'expérience d'une brisure en nous pour entendre enfin.

mardi 19 août 2008

Lourdes encore !


Voici l'homélie prononcée à Lourdes ce 15 août en la fête de l'Assomption par le Cardinal-Archevêque de Paris, Monseigneur André Vingt-Trois.



Chers frères et soeurs,


Ici même à Lourdes, en 1858, il y a cent cinquante ans, Bernadette Soubirous, une jeune adolescente, a vu la Vierge Marie lui apparaître. Cet événement était difficile à croire et il ne fut pas reconnu facilement. Dans ce siècle, où se développaient déjà à grande vitesse les sciences positives et leurs applications technologiques, cette irruption du surnaturel ne pouvait être considérée qu’avec méfiance, non seulementpar les positivistes idéologiques, mais même par les esprits positifs et raisonnables. Le curé Peyramale lui-même ne fut pas facile à convaincre.Mais, d’une certaine manière, la question de l’irrationalité de l’événement se redouble pour nous, cent cinquante ans après.


Est-il bien raisonnable aujourd’hui d’accorder quelque crédit à des apparitions, surtout quand elles se font au bénéfice d’enfants, souvent ignorants ? Ne sommes-nous pas confrontés à une sorte d’emballement pour le merveilleux qui nous semble peu compatible avec les exigences rationnelles de nos esprits cultivés et exercés à la critique ? Finalement, quel sens peut avoir pour nous la célébration de ce jubilé ?Les apparitions de Lourdes font partie d’un ensemble particulièrement riche dans la France du XIXe siècle. Et encore, nous n’en connaissons que les apparitions qui ont été reconnues par l’Église ou qui ont été plébiscitées par la dévotion des fidèles.


On doit remarquer que ces apparitions comportent des éléments communs. D’abord, elles sont inattendues – et en tout cas jamais sollicitées ! –, les voyants sont les premiers surpris de ce qui leur arrive. Ensuite, ces voyants sont habituellement des jeunes, et toujours des pauvres, dont la culture ne pourrait pas expliquer comment ils auraient imaginé le tableau qu’ils décrivent ensuite. Enfin, le message des apparitions est très centré sur la miséricorde de Dieu et sur l’appel à la conversion. À tel point que ces éléments deviennent comme une sorte de grille de lecture pour savoir quel crédit accorder aux voyants.


Quoi que l’on pense des récits des voyants, ces apparitions vont se faire connaître et faire connaître leur valeur par leurs effets, et notre jubilé est une occasion de réfléchir à ces effets. Non seulement les voyants vont avoir leur vie transformée profondément et, dans les meilleurs des cas, dans la discrétion la plus totale comme pour Bernadette, mais encore par les fruits de grâce qui seront produits par ceux qui suivront les indications du message avec foi et humilité. Les dizaines de millions de personnes venues à Lourdes depuis 1858 pour prier devant la grotte, pour se plonger dans l’eau des piscines, pour adorer le Saint-Sacrement, ne sont pas une vue de l’esprit.


Certes, on aurait pu imaginer que le côté merveilleux des apparitions attire des curieux ou quelques exaltés – encore que les moyens d’information et de transport de la seconde moitié du XIXe siècle fussent loin de faciliter une réelle publicité telle que nous pouvons la connaître aujourd’hui. Mais la permanence du flux des pèlerins, la dimension internationale de leur provenance, le renouvellement des générations, manifestent que nous sommes devant un phénomène qui dépasse la curiosité et l’engouement pour le merveilleux. Si sceptique que l’on puisse être, il faut bien accepter d’affronter ce phénomène humain, cette démarche humaine, que l’on ne peut pas purement et simplement classer dans le registre du merveilleux et de l’insensé.


Alors que dire ? Quel peut être le sens de ce mouvement profond qui émerge à Lourdes comme en d’autres endroits du monde ? Que dit-il sur notre humanité et sur l’action de Dieu envers elle ?


Le sens de ce qui se passe à Lourdes. La vision du Livre de l’Apocalypse, dont nous venons d’entendre la lecture, nous donne un début de réponse. La femme couronnée d’étoiles est désignée, par le voyant de l’Apocalypse, comme celle qui enfante le Messie, « l’enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations ». Cette vision de la mère du Messie renvoie en premier lieu à Sion, mais la tradition patristique et liturgique a aussi identifié en cette femme la Vierge Marie, mère du Sauveur. Dans le drame qui se joue entre la femme qui enfante et le dragon, symbole de Satan et de l’esprit du mal, c’est le salut de l’humanité qui est figuré et la victoire de Dieu qui « enlève l’enfant auprès de son trône ». Dans la période troublée que connaît l’Église naissante, cette victoire est l’annonce de sa propre victoire puisque, comme la Femme, elle s’enfuit au désert où Dieu lui a préparé une place. Si bien que cette vision devient comme une prophétie de la victoire de la foi sur les forces du mal. Une vision d’espérance et de force : « Voici maintenant le salut, la puissance et la royauté de notre Dieu et le pouvoir de son Christ ! »


L’apparition de cette Femme mystérieuse est un signal d’espérance donné à l’humanité. L’avenir des hommes n’est pas voué à la fatalité et aux forces du mal. Il y a une espérance de vie et de bonheur, même si cette espérance nous est donnée en notre temps sous la forme d’une vision.


Mais n’est-ce pas à juste titre que l’on prend souvent les hommes d’espérance pour des visionnaires ou des utopistes ? Leurs rêves de bonheur paraissent si loin de la réalité immédiate des contraintes et des malheurs qui frappent l’humanité !


Les foules qui se sont présentées ici depuis cent cinquante ans et qui continuent d’y affluer ne représentent-elles pas comme une sélection des misères des hommes ? Pour elles, la grotte de Lourdes est bien un lieu de manifestation de la miséricorde puissante de Dieu et de son action en faveur de l’humanité. Ici se produisent des guérisons multiples, dont les constatations du Bureau médical ne peuvent répertorier qu’une infime partie, précisément celle qui relève des constatations médicales.


Mais, nous le savons, les guérisons physiologiques sont données ici comme un signal pour nous alerter sur une guérison plus profonde, qui est la guérison des âmes. Le grand miracle de Lourdes, c’est avant tout la conversion des cœurs et le renouvellement de la foi et de la vie de la foi. Il existe bien un bureau des constatations : c’est la chapelle des confessions – mais ses constatations ne sont pas publiables. La principale vertu miraculeuse de l’eau de Lourdes, c’est de nous retremper dans la vigueur de l’eau de notre baptême et de remettre en action toutes les forces, les dynamismes de la vie chrétienne.


Dans les évangiles, nous voyons que Jésus ne réalise la guérison des corps que si la demande qui lui est faite s’enracine dans la foi. Cette foi peut n’être pas plénière, elle peut être imparfaite, mais du moins faut-il qu’elle exprime le minimum de confiance nécessaire pour que l’action de Dieu puisse s’accomplir. De même, celles et ceux qui bénéficient de l’action salvatrice de Dieu sont ceux qui y viennent avec confiance et surtout avec un esprit de pauvreté qui les conduit ici pour supplier Dieu. Si Jésus est venu « pour les malades et les pécheurs », la condition nécessaire pour l’accueillir est bien que nous ayons conscience de notre mal-être et de notre péché.


Ainsi, les apparitions dont nous fêtons le jubilé nous remettent devant les enjeux fondamentaux de l’existence humaine : la vie, la mort, la paix de l’âme, la réconciliation avec Dieu et avec nous-mêmes, l’espérance de la victoire du Christ sur les forces de violence et de mort qui traversent ce monde.


Mais ces apparitions nous posent une question supplémentaire par rapport à ces grands enjeux : d’où ou de qui en attendons-nous l’accomplissement ? Finalement, il ne suffit pas de diagnostiquer les maladies des corps ou des âmes : encore faut-il proposer un remède, et un remède efficace.


Au long des siècles écoulés, du moins dans notre pays et dans l’Europe occidentale, l’ingéniosité humaine et les capacités de développement économique ont permis de surmonter un certain nombre de fléaux dont notre humanité était affligée. Que ce soit dans le domaine de la nutrition, dans le domaine des soins, dans le domaine de la culture et même dans le domaine du gouvernement des sociétés et de la paix, il y a eu et il y a encore des progrès sensibles et réels. Mais cette incontestable progression rend d’autant plus troublant le fait que, malgré l’amélioration des conditions de vie, l’insatisfaction demeure et même, d’une certaine façon, s’accroît.


Comment pouvons-nous interpréter cette concomitance d’un « mieux vivre » et du « malaise de vivre » ? N’est-elle pas le signe que les formes de salut dont nous bénéficions sont peut-être authentiques et appréciables, mais qu’elles laissent de côté la question fondamentale du sens de la vie et de la plénitude du bonheur ? N’est-ce pas le signe que l’on a trop souvent et trop facilement confondu les conditions de vie avec le sens de la vie ?


Ce que nous enseigne la vision de l’Apocalypse et ce que nous rappellent les apparitions de la Vierge, c’est que l’enjeu de la vie humaine n’est pas simplement la nourriture, la paix, la santé et le bien-être, mais que l’enjeu, c’est la vie elle-même et sa confrontation à la maladie et à la mort. Aujourd’hui, de la plupart des maladies, on peut guérir – ou du moins soulager la souffrance. Mais de la mort on ne guérit pas, c’est notre chemin à tous, c’est notre commune épreuve. La victoire du Christ sur la mort est le seul salut qui nous intéresse vraiment, car c’est le seul qui affronte l’épreuve irrémédiable.


Et de chemin pour participer à cette victoire du Christ sur la mort, il n’y en a pas deux, il n’y en a qu’un : c’est la foi. Tous les signes qui nous sont donnés dans l’ordre des miracles n’ont pas d’autre finalité que de susciter et développer la foi. C’était le cas des miracles du Christ dans les évangiles, c’est le cas de tous les miracles produits dans les lieux de pèlerinage, c’est le cas des miracles de Lourdes et c’est pourquoi finalement le vrai miracle de Lourdes, c’est la foi qui conduit de pauvres gens à se tourner vers Dieu par l’intercession de Marie, et c’est le renouvellement et le renforcement de la foi qu’ils reçoivent ici en se mettant à l’école de Bernadette.


Frères et Sœurs,

Vous qui êtes venus si nombreux célébrer l’Assomption de Notre-Dame à Lourdes en cette année jubilaire, rendez grâces à Dieu pour la foi qui vous a conduits ici. Même si vous la sentez faible, vacillante ou incertaine, appuyez-vous sur elle pour confier à Dieu, par l’intercession de Notre-Dame, les misères qui vous affligent et qui affligent ceux que vous représentez ici ; vos misères physiques, vos misères psychologiques, vos misères morales, mais par-dessus tout votre misère spirituelle.


Regardez autour de vous la foule qui vous entoure et qui devient un signe de la foi vécue en ce jour. Regardez les yeux illuminés des malades qui ont tant attendu la joie de venir se confier à la prière de Notre-Dame. Regardez les visages apaisés de ceux qui ont accueilli la grâce du pardon et de la communion. Regardez la joie de cette partie de l’Église réunie ici ce matin. Avec Élisabeth, nous disons nous aussi : « Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »


Heureux sommes-nous, car l’apparition de la Vierge à Bernadette, comme la vision de l’Apocalypse, est un message d’espérance pour chacun de nous, pour nous tous et, à travers nous, pour l’humanité. Et ce message d’espérance le voici : la mort n’aura pas le dernier mot !

+ André Cardinal Vingt-Trois


Archevêque de Paris

Souvenirs de Lourdes

Me voici revenu de Lourdes, épuisé, mais heureux.

Un chant a rythmé notre pèlerinage. Son refrain disait à merveille ce que nous étions venus vivre : s'approcher de Jésus.




Il faut passer sur l'autre rive

il faut risquer de s'approcher

de Jésus d'où jaillit l'eau vive

au creux du rocher.



Et le refrain me revenait à l'esprit en passant dans la Grotte, en contemplant la source qui y jaillit, en touchant le rocher. Beaucoup sans doute ne savent pas ce qu'ils font en caressant le rocher. C'est peut-être à leurs yeux un geste magique. Et quand ils vont boire aux fontaines, l'eau de la Grotte leur apparaît comme miraculeuse. Pourtant ils accomplissent là, peut-être sans le savoir, un geste qui est un geste de foi : "Jésus tu es mon rocher, Jésus tu es la source vive. Tu es le rocher sur lequel je peux bâtir ma vie, tu es l'eau vive qui étanche ma soif".



Il faut passer sur l'autre rive,

il faut risquer de s'approcher

de Jésus d'où jaillit l'eau vive

au creux du rocher.


samedi 16 août 2008

Echos de Lourdes 2

Le 15 août, nous avons parcouru le chemin de Croix dans la montagne, malades en voiturettes et valides, ensemble. Des statues de deux mètres de haut, reconstituent les divers moments du chemin de la Croix. J'ai été très interpellé par la méditation de la station où Jésus est dépouillé de ses vêtements. Les vêtements c'est ce avec quoi nous vivons en société, c'est la marque, l'identité que nous voulons porter face aux autres.
Aujourd'hui c'était le temps du sacrement des malades. J'ai eu la joie (une joie mouillée, très ému que j'étais !) d'accompagner celui avec qui je suis venu dans ce sacrement.

Echos de Lourdes

Me voilà donc à Lourdes depuis mercredi. Ici c'est la toute grande foule ! En cette année des 150 ans des apparitions à Bernadette, les gens accourent de partout en pèlerinage. Les moments que je passe ici me remplissent d'émotion. Lourdes est plein de souvenirs pour moi. Et puis il n'est pas rien d'accompagner celui que j'accompagne, et pas uniquement parce qu'il me laisse peu de repos, mais parce que c'est un être profondément spirituel, avec qui il est possible de prier, simplement.
Ainsi, aujourd'hui comme hier, nous sommes allés dans la tente de l'adoration eucharistique. Sa prière était simple, il a dit "Je t'aime" à Jésus. La mienne était peut-être un peu plus compliquée, mais au fond elle disait la même chose.
Hier, lors d'un moment libre, j'ai effectué le chemin du Jubilé. Il est proposé aux pèlerins de s'arrêter au cachot, à l'église paroissiale où sont conservés les fonts baptismaux qui ont servi pour Bernadette, à l'Hospice où elle a fait sa première communion, et à la Grotte des apparitions. Au début, ce chemin me semblait banal. En le faisant j'ai découvert tout ce dont il était porteur. Au cachot nous étions invités à renouveller notre regard sur les pauvres et à entrer dans l'esprit des béatitudes, à l'église paroissiale nous priions pour que notre baptême porte des fruits de sainteté comme pour Bernadette, à l'Hospice nous demandions d'être des hommes et des femmes de communion, renouvelés dans l'amour de l'Eucharistie et de ceux qui sont dans le besoin, à la Grotte nous tentions d'écouter l'appel du Christ à la conversion.

jeudi 14 août 2008

Assomption


Marie, ma mère,

je me confie à toi.

Je remets entre tes mains ma vie,

mes projets, mes désirs, mes peines et mes joies.

Tu as toujours été à mes côtés,

présence bienveillante autant que discrète.

Tu m'as amené à ton Fils,

et il est le plus beau cadeau que tu m'ais fait.
Continue à me conduire à Lui.

mardi 12 août 2008

Départ pour Lourdes

Voilà, la valise est faite, l'heure du départ approche, c'est aujourd'hui que je pars à Lourdes pour quelques jours. J'y accompagne une personne handicapée de mon travail, dont j'ai déjà parlé ici. Je crois que ce sera un moment fort, pour lui, pour moi, pour nous.


C'est une joie de retrouver Lourdes, dix ans après mon dernier pèlerinage. J'y ai plein de bons souvenirs, du temps où, adolescent, j'avais opté pour aller à Lourdes plutôt que de continuer à aller en vacances avec mes parents.


Je me souviens particulièrement de Marie-Thérèse, une femme IMC (infirme moteur cérébral) dont, avec d'autres, je me suis occupé tous les ans. Elle ne parlait pas et son seul outil de communication était son petit doigt qu'elle levait pour dire oui, et baissait pour dire non. Avec elle nous avons eu de grands éclats de rire car elle comprenait très bien la blague. Je me souviens de sa joie communicative, mais aussi de ses moments où Marie-Thérèse désirait faire des emplettes, et où nous l'emmenions s'acheter chapeau ou lunettes de soleil.




A bientôt ! Je vous emporte avec moi.

mercredi 6 août 2008

Et vous, que dites vous ?

"Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ?" C'est la question que Jésus nous adresse ce jeudi. Nous avons entendu les avis des uns et des autres. Et Dieu lui-même a dit qui est pour lui ce Jésus de Nazareth.

Voilà qu'il nous faut opérer un choix entre ce que l'on peut dire de Jésus à vues humaines et ce que Dieu en dit. C'est le choix que fait Simon-Pierre : "Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant !". Ce qu'il dit ce n'est pas la chair et le sang qui lui ont révélé, mais le Père qui est aux cieux. Son choix est un acte de foi.

Et quand Jésus répond : "Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise", ce n'est pas à vues humaines non plus, mais il dit le projet de Dieu qui n'a pas le même regard que les hommes.


Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 16, 13-19)

Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe, et il demandait à ses disciples : « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? » Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes. » Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

mardi 5 août 2008

Celui-ci est mon Fils

Tout le monde a donné son avis, tout le monde y est allé de son opinion sur le sujet. Qui est-il ce Jésus de Nazareth ?

  • Pour moi c'est un type ordinaire.

  • Mais non, c'est un prophète, il suffit de l'entendre pour le croire !

  • Laissez-moi rire, c'est une illusion pour vieille femme.


Tout le monde y est allé de son avis... ou presque. Car voici l'avis de Dieu :

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis tout mon amour ; écoutez-le ! »
(Mtt 17, 5).

lundi 4 août 2008

Qui est-il ?

Ces derniers jours, l'Evangile semble poser une unique question : Qui est ce Jésus de Nazareth ? Et chacun y va de sa petite idée.

Il y a les gens de Bethléem qui le connaissent bien. C'est le fils du charpentier, ils le savent, ils l'ont vu grandir, aidant son père au milieu des copeaux de bois. Ses frères et ses soeurs habitent encore la région, c'est quelqu'un d'ordinaire, certainement pas le Messie.


Il y a Hérode qui tremble dans son palais. La voix de Jésus lui rappelle la voix cinglante de Jean-Baptiste. Serait-ce Jean-Baptiste réincarné ? Faudra-t-il encore faire face à des reproches ? Pourvu que ce ne soit pas un de ces prophètes, ces empêcheurs de dormir tranquille !


Et puis il y a les disciples et les apôtres, ceux-là qui le côtoient tous les jours. Il n'est pas certain que leurs idées soient plus claires ! Quand Jésus marche sur les eaux, ils se disent : "C'est un fantôme !", c'est un esprit ou une illusion. Et lui doit les rassurer : "Confiance ! C'est moi : n'ayez pas peur !" (Matthieu 14, 26-27). Ce n'est que lorsque les flots se sont calmés et que la barque a retrouvé une navigation paisible, qu'ils peuvent le reconnaître : "Vraiment, tu es le Fils de Dieu !" (verset 33).


Devant Jésus, chacun à son avis comme d'autres aujourd'hui : c'est quelqu'un d'ordinaire, c'est un prophète, c'est une illusion. Après tout rien ne prouve que... Pour d'autres comme nous aujourd'hui, faisant acte de foi, c'est le Fils de Dieu.
Comme les apôtres, il nous faut faire l'expérience personnelle d'être aimé et sauvé pour connaître qui est Jésus. C'est lorsque Jésus vient s'asseoir dans la barque de notre vie et apaiser les flots menaçants alentour, que nous comprenons alors qui il est : "Vraiment tu es le Fils de Dieu !"