mercredi 31 décembre 2008

Rencontre de Taizé


Hier avec d'autres jeunes de l'Abbaye, nous avons participé à la veillée de prière des rencontres de Taizé à Bruxelles. Près de 40 000 jeunes ont ainsi répondu à l'invitation des frères de Taizé et ont gagné Bruxelles pour vivre quelques jours ensemble entre Noël et la nouvelle année. Cela avait un petit goût de JMJ, avec peut-être moins d'exhubérance et plus de calme. Parmi les jeunes, notons la présence de la Reine Fabiola qui a été ovationnée.

J'ai particulièrement apprécié les mots que le Cardinal Danneels et le Frère Aloÿs nous ont adressé. Je retiens ces lignes du Cardinal Danneels :

"Dieu nous donne un cœur pour aimer. Car il ne suffit pas de voir clair par la foi, ni de vivre de l’espérance. Nous avons besoin de la chaleur de l’amour dans un monde froid. Mais qu’est-ce que l’amour, le vrai amour ? C’est avant tout de nous accepter comme nous sommes, remercier Dieu de nous avoir créés ainsi, tels que nous sommes. Car, créés par Dieu, nous sommes bons. L’amour c’est aussi d’accepter les autres comme ils sont, non pas comme nous souhaiterions ou rêverions qu’ils soient. L’amour laisse l’autre tel qu’il est. L’amour est réaliste.

L’amour est toujours premier, il n’attend pas que l’autre nous aime pour commencer ensuite à aimer l’autre. L’amour est toujours premier. Il ne supporte pas de laisser autre chose passer avant. Il n’est pas possessif, il ne met pas la main sur l’autre, Il est offrande de soi, il est d’abord don. Il rend heureux. Comme Jésus a dit : « Il y plus de bonheur à donner qu’à recevoir. »

Espiéglerie


L'Evangile de Noël nous parle des anges qui chantent "Gloire à Dieu", les représentations de la Nativité donnent un visage à ces anges, et les cantiques que nous chantons leur prêtent parfois nos voix.

Il est une peinture que j'affectionne tout particulière, celle de l'ange espiègle d'Arcabas. Un dictionnaire définit espiègle par : vif et malicieux, sans méchanceté, coquin, turbulent. J'aime à imaginer une liturgie céleste qui laisse place à l'espièglerie. Peut-être parce que l'espièglerie me fait penser à l'éternelle jeunesse de Dieu, mais aussi à l'éternel mouvement dans lequel il vit. Je n'aime pas imaginer un Dieu statique.

mardi 30 décembre 2008

Nous ne pouvons plus que l'aimer



Au Moyen âge, le théologien Guillaume de Saint Thierry a affirmé : Dieu - à partir d’Adam - a vu que sa grandeur provoquait chez l’homme une résistance ; que l’homme se sent limité dans son être même et menacé dans sa liberté. C’est pourquoi Dieu a choisi une voie nouvelle. Il est devenu enfant. Il s’est rendu dépendant et faible, nécessiteux de notre amour. Aujourd’hui - nous dit ce Dieu qui s’est fait petit enfant - vous ne pouvez plus avoir peur de moi, désormais vous pouvez seulement m’aimer.

Benoît XVI, Messe de la Nativité, 24 décembre 2008.

Etonnante famille


Voilà une famille bien étonnante. Elle est sainte et pourtant elle n'entre pas dans la définition habituelle de la bonne famille catholique. Surprenante famille, dont l'enfant n'est pas celui de l'époux, dont la mère est fille-mère, dont la tradition donne à voir un Joseph vieillissant. Et pourtant c'est bien cet enfant qui vient de naître c'est le Verbe de Dieu.

Nos vies sont ainsi faites. Elles sont loin d'être des exemples de perfection ou de sainteté. Elles sortent bien souvent de l'image pieuse que nous voudrions en donner. Pourtant, dans notre coeur aussi, le Verbe de Dieu naît.

vendredi 26 décembre 2008

Joyeux Noël


Durant la messe de Noël, une petite phrase de la préface de la Nativité III m'a interpellée : "Il devient tellement l'un de nous que nous devenons éternels". Quel beau mystère nous venons de célébrer !

Je vous souhaite à tous une belle fête de Noël.
Que la joie de Noël vienne illuminer nos cœurs et nos vies !

samedi 20 décembre 2008

Ne tarde plus, Vierge Marie...


Tu l’as entendu, ô Vierge : tu concevras un fils, non d’un homme, tu l’as entendu, mais de l’Esprit Saint. L’ange, lui, attend ta réponse : il est temps pour lui de retourner vers celui qui l’a envoyé. Nous aussi, nous attendons, ô Notre Dame ! Accablés misérablement par une sentence de condamnation, nous attendons une parole de pitié. Or voici, elle t’est offerte, la rançon de notre salut. Consens et aussitôt nous serons libres. Dans le Verbe éternel de Dieu, nous avons tous été créés ; hélas ! la mort fait son oeuvre en nous. Une brève réponse de toi suffit pour nous recréer, de sorte que nous soyons rappelés à la vie. Cette réponse, le monde entier l’attend, prosterné à tes genoux. Et ce n’est pas sans raison, puisque de ta parole dépendent le soulagement des malheureux, le rachat des captifs, la délivrance des condamnés, le salut enfin de tous les fils d’Adam, de ta race entière.

Ne tarde plus, Vierge Marie… Vite, réponds à l’ange ou plutôt, par l’ange, réponds au Seigneur. Réponds une parole et accueille la Parole ; prononce la tienne et conçois celle de Dieu, profère une parole passagère et étreins la Parole éternelle.

Pourquoi tarder ? Pourquoi trembler ? Crois, parle selon ta foi et fais-toi tout accueil. Que ton humilité devienne audacieuse, ta timidité confiante. Certes, il ne convient pas, en cet instant, que la simplicité de ton coeur virginal oublie la prudence ; mais en cette rencontre unique, ne crains pas la présomption, Vierge prudente. Car si ta réserve fut agréable dans le silence, plus nécessaire maintenant est l’accord empressé de ta parole. Heureuse Vierge, ouvre ton coeur à la foi, tes lèvres à l’assentiment, ton sein au Créateur. Voici qu’au dehors, le Désiré de toutes les nations frappe à ta porte. Ah, si pendant que tu tardes, il allait passer son chemin, t’obligeant à chercher de nouveau dans les larmes celui que ton coeur aime. Lève-toi, cours, ouvre lui : lève-toi par la foi, cours par l’empressement à sa volonté, ouvre-lui par ton consentement.

Voici, dit-elle, la servante du Seigneur, que tout se passe selon ta parole.

Saint Bernard.

vendredi 19 décembre 2008

Démission


Nouvelle crise au petit Royaume de Belgique. Le premier ministre Yves Leterme a proposé la démission de son gouvernement suite au scandale des pressions que son cabinet aurait excercées sur le pouvoir judiciaire dans l'affaire Fortis. Le Roi va encore passer de très belles fêtes !

Peut-être


L'insistance de Dieu à nous dire son amour est surprenante. Pourquoi cette insistance à mettre des mots, pourquoi ne pas choisir de ne poser que des gestes, d'aimer en actes ? Peut-être parce que nous sommes aussi des êtres doués de parole, pas uniquement des corps. Peut-être parce que Dieu veut s'adresser à tout notre être : notre cœur, notre corps, notre intelligence.

Mais peut-être est-ce plus profond encore que cela. La Genèse nous montre Dieu qui descend dans le jardin pour converser avec l'homme. Créé par une parole, l'homme est celui avec qui Dieu dialogue. On pourrait dire que c'est sa vocation : être le compagnon de Dieu, celui avec qui Dieu prend plaisir à être, à parler et à partager son pain.

Voilà peut-être pourquoi le dialogue fonde et construit l'homme. Voilà aussi pourquoi au fond de notre cœur il y a toujours ce dialogue entre Dieu et nous. C'est constitutif de notre être, quelque soit la teneur de ce dialogue.

Mais semble-t-il si Dieu s'adresse à nous, c'est peut-être aussi et avant tout parce que le dialogue est inscrit en Dieu. Il ferait partie des relations entre le Père et le Fils et le Saint-Esprit.

Dieu met peut-être aussi une parole sur ses gestes parce qu'un même geste peut avoir des sens différents. Offrir une bouchée de pain peut être à la fois un geste banal ou prendre le sens du don de soi-même suivant les mots qui sont dits en même temps. Il en va de même pour beaucoup de réalités quotidiennes.

Enfin, l'insistance de Dieu à nous dire son amour est peut-être là pour susciter notre réponse, la provoquer. N'est-ce pas pour que nous répondions à notre tour : "Je t'aime" ?

jeudi 18 décembre 2008

Parole



Je ne cesse de m'émerveiller ces derniers jours du fait que Dieu nous adresse une Parole. Il aurait pu créer sans un mot, aimer un peuple sans un mot, sauver l'humanité sans un mot. Les gestes auraient suffit : quelques signes ici ou là, un miracle par-ci par-là, une rédemption silencieuse mais efficace.

Pourtant ce n'est pas ce que Dieu a fait. Depuis le début il nous abreuve de paroles. Le récit de la Création nous montre un Dieu qui parle, qui dit et cela est fait. La Création est un dialogue et chaque être ou chose créés est mis en dialogue avec les autres.

L'Alliance prend naissance dans un "Va" adressé à Abraham, se poursuit par un "Je suis" lancé de l'intérieur du buisson ardent. Et la Loi qui est donnée sur le Sinaï est elle aussi un ensemble de paroles. Et comme si cela ne suffisait pas, Dieu envoie des prophètes chargés de parler en son nom, d'être sa voix au milieu du peuple. L'Alliance est un dialogue constant entre Dieu et l'humanité.

La Rédemption elle-même se révèle comme un dialogue. Elle commence par une parole adressée par un ange à une jeune fille donnée en mariage à Joseph le charpentier de Nazareth et par la réponse de cette jeune fille : "Fiat !". Et l'enfant qui va naître d'elle est lui-même la Parole de Dieu, le Verbe, parole ultime, parole faite chair.

L'Eglise elle-même se construit sur un dialogue : "Pierre m'aimes-tu ?". Drôle de question. Jésus n'est-il pas capable de sonder le coeur de Pierre ? Mais en posant par trois fois la question "Pierre m'aimes-tu ?", Jésus semble le provoquer à l'amour. Et Pierre en est comme blessé lorsqu'il répond à la troisième fois : "Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t'aime".

Une Parole nous est adressée


« Le Verbe s’est fait chair ». Cette expression de saint Jean, nous pouvons la traduire ainsi : « Le Sens éternel » du monde s’est manifesté de façon tangible à nos sens et à notre intelligence. Ce qui est devenue chair, ce n’est pas une idée, c’est une « Parole » qui nous est adressée, qui nous cherche et qui nous guide. À Bethléem, dans l’enfant de la crèche, Dieu ne s’impose à l’homme ni par sa puissance, ni par sa sagesse, mais il fait appel à son cœur et à sa libre et humble décision d’accepter son amour.

Benoît XVI, 17 décembre 2008.

mardi 16 décembre 2008

Pécheur ?


S'estimer, avoir confiance en soi. Certains jours cela me semble impossible. Je ne vois que ma nullité, mes incapacités, mes erreurs, mes errances. Il me reste toujours à m'accepter, à croire que je peux être source de joies pour d'autres, que mes amis peuvent m'aimer réellement sans que cela soit de la pitié.


C'est surprenant car je suis convaincu de l'amour de Dieu pour moi. Cela devrait m'aider à avoir une meilleure image de moi, mais devant lui, je perçois plutôt toute mon incapacité à l'aimer, toute la tiédeur de mon amour, mon péché, la difficulté que j'ai à aimer les frères qui me sont donnés, ma nullité.


Mais est-ce bien comme pécheur que je me vois ? C'est l'idée qui m'a traversé l'esprit durant la messe aujourd'hui. Car un pécheur n'est pas quelqu'un qui se regarde lui-même, qui contemple sa blessure. N'est-ce pas plutôt quelqu'un qui, conscient de ce qu'il est, ne s'en inquiète pas, car il mise sur la grâce de Dieu, sur l'oeuvre de Dieu en lui ? Le pécheur n'est pas celui qui s'appesantit sur son péché mais qui prend appuis sur l'amour de Dieu pour lui.
Peut-être tout compte fait est-ce une autre blessure que la nôtre que nous devons regarder et contempler, peut-être est-ce à un autre coeur ouvert que le nôtre que nous devons puiser.

samedi 13 décembre 2008

Image de soi


En allant me confesser, je me sentais un moins que rien, retombant toujours dans les mêmes travers, n'arrivant pas à me corriger. Et providentiellement, avant que je commence, le prêtre m'a rappelé que lorsque la petite Thérèse se confessait, elle commençait d'abord par remercier Dieu pour tout ce qu'il avait déjà accompli dans sa vie, tout ce qu'il avait fait aujourd'hui et tout ce qu'il ferait encore demain. C'était providentiel car cela m'a permis de voir que tout n'était pas si noir en moi, que Dieu était bel et bien à l'oeuvre. Si je ne suis rien sans Lui, Dieu peut tout en moi.

Une voix


Dans l'Evangile de ce dimanche, Jean-Baptiste pose questions. Quel est donc cet énergumène qui se promène habillé d'une peau de chameau, qui mange des sauterelles, et baptise ses disciples ? C'est la question des juifs qui délèguent auprès de lui des scribes et des pharisiens. Serait-il le Messie ? Ouf, non il ne l'est pas. Serait-il Elie ou un grand prophète ? Fort heureusement il a répondu par la négative. Mais qui est-il donc ?

La réponse de Jean-Baptiste est étonnante. Il ne se présente pas comme un personnage, mais comme une voix qui crie dans le désert. Ce n'est pas lui qui compte, ce n'est pas lui qu'il veut mettre en avant, mais un message. Il est la voix qui annonce le Verbe.

Ailleurs dans l'Evangile, il est aussi le doigt qui désigne l'Agneau de Dieu. Il désigne l'Agneau parce qu'il est là et que personne ne le reconnait. Dans l'église de Saint-Hugues en Chartreuse, sous la dernière Cène court une prédelle, un ensemble de petits tableaux. Et parmi ces tableaux figure un Jean-Baptiste haut en couleurs, la bouche grande ouverte et rouge de celui qui crie, le doigt tendu vers le haut. Et lorsque nous suivons ce doigt, nous arrivons au Christ dans la dernière Cène, qui se livre, se donne tout entier, pour nous sauver du péché et de la mort.

Et nous ? Sommes-nous une voix ou un doigt pointé ? Sommes-nous les porteurs de l'Evangile ou bien ne portons-nous que nous-mêmes aux autres ?

samedi 6 décembre 2008

Je te désire


Viens Seigneur,
frapper à la porte de mon coeur.
C'est toi que je désire,
c'est toi que j'attends.

vendredi 5 décembre 2008

Inspiration

Cyril me demande si je suis en manque d'inspiration. La réponse est oui. J'ai bien l'idée d'un article sur l'Avent, mais je n'arrive pas à mettre cet article par écrit. A ce rythme là il sera près pour le Carême.